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Escargots, chenilles… Vous en reprendrez bien un peu ?
Article mis en ligne le 23 juillet 2018
Dernière modification le 22 juillet 2018

par NOESMOEN André

Escargots, chenilles…
Vous en reprendrez bien un peu ?
André NOESMOEN


 

Un jour, à Kinshasa, Thérèse, ma secrétaire, m’annonça qu’elle allait se marier et qu’elle devrait certainement démissionner car son futur époux, jeune médecin, serait sans doute affecté dans un hôpital de province.

Invité à son mariage, je fis la connaissance de son mari mais sans vraiment pouvoir lui parler. Thérèse dut effectivement démissionner et m’indiqua que son mari étant affecté dans un hôpital situé entre Goma et Bukavu, il me serait facile de passer les voir quand je me rendrais à Goma pour suivre les missions du Kivu.

A l’occasion d’un de mes déplacements, je me rendis donc à l’hôpital mais ne vis que Thérèse, son mari étant très pris par son travail. Je décidai donc de les inviter à venir dîner à l’hôtel où j’étais descendu.

Le soir, pendant l’apéritif, je commençai à faire plus ample connaissance avec le mari de Thérèse qui avait fait toutes ses études en Belgique et quelques stages à Paris. Nous sympathisâmes rapidement après avoir évoqué quelques souvenirs parisiens.


Puis, le maître d’hôtel vint prendre la commande tout en nous précisant que ce soir
il y aurait au menu des escargots tout juste arrivés par avion. Le docteur accepta
tout de suite et je fis de même.

« Des escargots, mais c’est dégoûtant », s’exclama Thérèse. Nous restâmes un moment gênés par cette réaction brutale, puis soudain, je me rappelai un souvenir et dit : « Et si c’était des chenilles ? ».

« Ah oui, des chenilles, ça c’est bon », rétorqua Thérèse.

Nous restâmes silencieux un court moment puis nous éclatâmes de rire tous les trois en réalisant à quel point on peut avoir des préjugés sur la nourriture.

Le souvenir que j’avais eu remontait à plus de vingt ans. J’étais, à cette époque, en
Oubangui-Chari (aujourd’hui République Centrafricaine) et j’avais une équipe assez nombreuse accompagnée de femmes et d’enfants.

Tous les soirs, c’était la séance des soins et je voyais principalement défiler des femmes portant des enfants qui avaient de petits bobos qui me posaient souvent des problèmes.

Une femme en particulier me présentait tous les jours un petit garçon dont le visage était couvert de boutons. Et ce qui m’avait frappé, c’est qu’elle croquait toujours une chenille qui gigotait entre ses doigts.

A l’époque, je ne pensais pas que cette anecdote me permettrait de tordre le coup à un préjugé !