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Fin de mission dans le Ghawar

Situé dans la province Est de l’Arabie Saoudite, le Ghawar est la zone renfermant les plus grandes réserves pétrolifères terrestres au monde

Article mis en ligne le 8 mars 2018
dernière modification le 9 mars 2018

par ODENT Bernard
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Fin de mission dans le Ghawar

 

Situé dans la province Est de l’Arabie Saoudite, le Ghawar est la zone renfermant les plus grandes réserves pétrolifères terrestres au monde. Si nous survolons la région en hélicoptère, le regard balaie, à perte de vue, une mer de dunes formée de sable blond-roux, ponctuée par les flammes ondulantes des très nombreuses torchères. Plusieurs faisceaux de quatre pipelines suivent
diverses directions privilégiées. Dans chaque tuyau de 1,2 m de diamètre coule en permanence « l’or noir » 

Après avoir recensé toutes les carrières de granulats de la région, j’avais été chargé de localiser, sur le terrain, des gisements de calcaires durs afin d’approvisionner le futur chantier du pont qui devait relier Dharan à l’île de Bahrein. Nous avions réussi à identifier plusieurs « spots », non loin de la route à quatre voies Riyad-Dharan, mais la couverture de dunes nous empêchait de connaître l’extension de ces zones. Une étude géophysique avait été programmée pour répondre à cette question.

Depuis plus de huit mois passés à prospecter dans cette région, nous étions fin juin et la chaleur devenait insupportable. Toutes les équipes de terrain avaient été appelées à rejoindre la base technique de Jeddah. Depuis deux mois, j’avais pris rendez-vous avec Jacques, mon ami géophysicien, afin de lui montrer les sites retenus. Le dernier jour de terrain arrive, mais pas de nouvelles de Jacques…Mon équipe range tout le
matériel sur les deux camions pour partir le lendemain au lever du soleil. Puis, avec mon 4x4 (équipé de pneus « spécial sable »), le chauffeur vient me conduire au guest-house du BRGM, dans la banlieue de Dharan, puis il retourne au camp.

Le lendemain 1er juillet, toute mon équipe est déjà sur la route depuis plusieurs heures quand, vers dix heures, un taxi amène Jacques au guest-house, accompagné de l’un de ses collègues !

Les zones à étudier sont à une trentaine de kilomètres de Dharan et les trois-quarts du trajet sont parfaitement goudronnés. Un break 504 du guest-house est le seul véhicule disponible. Bien que mal équipés, nous devrions pouvoir boucler notre périple en moins de deux heures.

Les deux premiers « spots » sont rapidement repérés, mais le troisième a un accès plus délicat car nous devons emprunter une piste parcourue par les engins des pétroliers. Cependant, nous parvenons à localiser ce dernier « spot » assez facilement. Le repérage terminé, il s’agit maintenant de faire demi-tour. La
manœuvre n’est pas aisée et, maladroitement, je plante la 504 dans le sable jusqu’au soubassement. Ici, aucun véhicule ne passe entre 12 et 14h et la température avoisine les 45°C ! Précédemment, j’avais repéré un camp d’entretien de véhicules pétroliers à quelques kilomètres de la piste. Je pars donc à pied à travers le champ de dunes. Une dune plus haute que les autres me permet de repérer le camp et de progresser dans la bonne direction.

J’y arrive enfin et me dirige vers un hangar où les employés sont tranquillement installés pour déjeuner. Un contremaître s’adresse à moi mais je ne peux lui répondre car ma langue a fortement gonflé ! Il m’offre une bouteille d’eau. Par geste, je lui fais comprendre que deux compagnons sont bloqués dans le sable. Il me fait signe de le suivre jusqu’au garage où il choisit la plus grosse chargeuse sur pneus.

Grâce à ses roues énormes, l’engin parcourt le champ de dunes avec une facilité déconcertante. Après dix minutes de trajet, nous repérons la 504 où nous attendent mes deux compagnons. Descendant de l’engin, je leur propose de sortir de la voiture et d’en fermer les portes. Alors l’énorme benne plonge sous la 504 et vient déposer délicatement sable et voiture sur la piste ! Restés dans la fournaise de l’automobile, Jacques et son collègue ne peuvent pas parler. Ils terminent ma bouteille d’eau. Après avoir chaleureusement remercié notre « sauveur », nous regagnons Dharan en roulant très prudemment, sans jamais quitter la piste. Nous nous arrêtons au premier « gawadji » (café) où nous dégustons avec bonheur, chacun un litre et demi d’eau fraîche !

Epilogue : Cette aventure me servira de leçon pour plusieurs décennies de travail. En septembre de la même année, les géophysiciens du BRGM délimiteront l’extension des calcaires durs. La construction du pont - digue Khobar-Bahrein (King Fahd Causeway) débutera quelques années plus tard.

Bernard ODENT

 



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