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LES RENCONTREs-DEBATS AMICALE/BRGM « La mine a-t-elle encore un avenir en France ? 

Initiées par l’Amicale du BRGM, les rencontres-débats ont pour objectifs de créer une « passerelle » entre les différentes générations qui ont fait et font le BRGM, d’échanger et valoriser les expériences réciproques et de montrer la continuité et l’évolution des problèmes de société auxquels sont confrontées les Sciences de la Terre.

Article mis en ligne le 24 avril 2015
dernière modification le 14 février 2016

par Admin
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LES RENCONTRES-DEBATS AMICALE/BRGM
« La mine a-t-elle encore un avenir en France ? »

 

Plan :

La première édition de ces rencontres-débats s’est déroulée à l’auditorium du BRGM, le 2 février 2015, sur le thème : « La mine a-t-elle encore un avenir en France ? ». Elle a rassemblé un très large auditoire, environ 160 participants, composé à 50% d’amicalistes et à 50 % d’actifs du BRGM, auxquels s’étaient joints des collègues de l’Université, du CNRS, de l’ISTO, des représentants de Variscan Mines et la promotion au complet des élèves de l’ENAG.

L’apéritif, qui a suivi les exposés et le débat proprement dit, a été l’occasion d’échanges fructueux et de retrouvailles chaleureuses. La convivialité et la bonne humeur étaient vraiment au rendez-vous et nombreux sont ceux qui nous ont remercié pour cette initiative et demandé de la renouveler le plus souvent possible.

Le Président du BRGM, Vincent Laflèche, a témoigné de son intérêt pour cette initiative en décidant de la parrainer et en étant présent lors de la première édition.
Le choix du thème de la mine ne doit rien au hasard. Tout d’abord, il témoigne d’un passé du BRGM encore présent dans tous les esprits (une forte proportion des membres de l’Amicale ont eu une carrière principalement consacrée à la mine). Ensuite, il fait partie des principales interrogations de notre société sur ses
capacités à recréer une activité minière débouchant sur des retombées économiques, notamment par le biais de la création d’une compagnie minière.

 

Même si la réflexion est loin d’être aboutie au niveau de l’Etat et que les lignes bougent trop lentement au gré de certains, la nécessité de prendre très au sérieux la sécurité de l’approvisionnement de la France en matières premières finira bien, un jour, par déboucher sur des décisions concrètes.

Cependant, à l’heure actuelle, force est de constater que la situation demeure délicate.

Trois exposés ont servi d’introduction au débat. Un résumé de chacun d’entre eux est donné en annexe 1, 2 et 3, respectivement. :

  • 1.« Contexte européen et national de la relance minière », par Jean-Claude
  • Guillaneau, Directeur des Géoressources au BRGM,
  • 2.« L’expérience de La Source Compagnie Minière », par Daniel Normand, membre de l’Amicale,
  • 3.« Métallogénie des petits métaux dans les gisements français », par Nicolas Charles,
  • Ingénieur à la Direction des Géoressources au BRGM.

I. Retour sur le passé

En écho à la présentation D. Normand sur l’expérience de La Source Compagnie Minière, les débats, animés par A. Liger, se sont ouverts sur les échecs du BRGM, entre 1980 et 1992.

Parmi les causes majeures, il faut retenir la dispersion des moyens du BRGM et la nature de l’actionnariat de Coframines.

Dispersion des moyens avec la création au sein du groupe de plusieurs sociétés d’exploitation telles que Cofremmi, Coframines, Cidem sans oublier le fait que le BGRM ait voulu garder par devers lui certaines découvertes importantes comme les gisements d’or de Yanacocha (Pérou) et d’Hassaï (Soudan). Cette dispersion n’a pas permis au groupe BRGM d’atteindre la taille critique qui lui aurait donné une autonomie d’action.

L’actionnariat de Coframines parait doublement critiquable. Tout d’abord par le fait que le BRGM soit resté largement majoritaire (68%), alors que ses partenaires minoritaires (BNP, Société Générale, Total, Cogema) avaient tous de larges capacités financières, a eu pour conséquence la perte de Neves Corvo.

Par ailleurs, l’interférence de l’Etat, actionnaire majoritaire, a été désastreuse pour le BRGM. C’est à l’initiative et sur la pression du Ministère de l’Industrie que Coframines a acquis les actions de Salsigne, alors que, par deux fois, le Conseil d’Administration de Coframines s’y était opposé, considérant que le coût d’exploitation était trop élevé et que le risque était grand en cas de chute du cours de l’or.

C’est ce qui s’est produit avec pour première conséquence le dépôt de bilan de Salsigne et par contrecoup la décision prise par le Ministère de l’Industrie de privatiser l’ensemble des actifs miniers du BRGM

Lors de la privatisation des actifs du BRGM, le choix de Normandy s’est imposé par la complémentarité qui existait entre les deux partenaires : compétence minière et capacité financière pour Normandy alors premier producteur d’or en Australie et expérience, savoir-faire du côté BRGM.

Leçon à méditer pour l’avenir : proscrire toute participation majoritaire de l’Etat dans une quelconque compagnie minière.

II. L’avenir de la mine en France

Les débats se sont ensuite orientés sur l’avenir de la mine en France.

Parler d’avenir de la mine en France, alors qu’il n’y a pas eu de travaux d’exploration depuis une vingtaine d’années et que la dernière mine a fermé ses portes en 2002,est un véritable défi. Défi d’autant plus difficile à relever que, durant cette période d’inactivité, les mentalités ont évolué et les populations sont devenues très sensibles à tout ce qui concerne l’environnement.
Sur cette question, les avis exprimés par les intervenants montrent que la partie est loin d’être gagnée :

  • à l’heure actuelle, il n’est pas possible de développer un projet minier en France 
  • un projet minier doit, pour se faire accepter, être innovant et si possible être regroupé avec d’autres grands projets
  • pourquoi faudrait-il une mine en France ? La mine en France est le moyen de sécuriser ses approvisionnements, mais ce but pourrait être atteint sans risque en coopérant avec d’autres pays.

Depuis la fin des années 2000, face à l’envolée des cours des métaux et à l’enjeu économique que représentent les petits métaux en particulier, l’Etat a pris conscience qu’en l’absence de toute activité minière sur le territoire national, il existait un risque réel dans la sécurité de l’approvisionnement à l’étranger pouvant fragiliser notre industrie. D’où la création, en 2011, du Comité pour les métaux stratégiques. La volonté politique de relancer l’activité minière en France s’est concrétisée en 2012 avec l’annonce faite par le Ministre de l’Economie et du Redressement Productif « La France doit redevenir une nation minière ».

Autre fait marquant depuis cette date, l’attribution de plusieurs permis de recherches à des sociétés françaises, signe que la France a renoué avec l’activité minière. Ce n’est qu’un début et selon les intervenants directement concernés par ces nouvelles opérations, les difficultés sont nombreuses, principalement aux niveaux régional et local.

Pour lever les réticences, le maître-mot est l’information. Informer c’est couper court à certaines idées reçues. Ainsi, appuyée par les médias, une information claire, précise conduirait à mettre en confiance les décideurs mais aussi le grand public qui ne serait plus alors seulement un spectateur passif mais un acteur incontournable.

Cependant, malgré les efforts de communication, des difficultés persisteront. Dans les cas extrêmes, le rôle de l’Etat ne devra pas se limiter à un rôle d’arbitre. Il devra tout mettre en œuvre pour combattre les particularismes locaux au profit des enjeux nationaux.

Si cette volonté fait défaut, l’avenir de la mine en France sera durablement compromis.
 
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2. La contribution des amicalistes, synthèse réalisée par JP. Sylvain et E. Wilhelm.

 

La participation des Amicalistes a été très importante lors de cette première rencontre-débat. Certains de ceux qui n’avaient pas pu être présents avaient fait parvenir une contribution écrite. La synthèse de ces contributions n’a pas été facile à établir tant les interventions ont été dispersées. Néanmoins, les remarques des uns et des autres ont été regroupées afin d’en dégager les idées-force.

Il est dommage que les différentes interventions n’aient pas été équilibrées entre les anciens et les actifs, que la jeune génération du BRGM soit restée trop discrète et que nos collègues universitaires ne se soient pas manifestés.

Les leçons à tirer de l’activité minière passée du groupe BRGM

Proscrire toute participation majoritaire de l’Etat (J. Lespine, D. Normand)

Exemples :

  • Coframines, dont l’Etat détenait 68%, n’a pas trouvé les investissements suffisants pour financer Neves Corvo alors que ses partenaires minoritaires (BNP, Société générale, Total, Cogema) avaient les capacités financières requises
  • Interférence de l’Etat obligeant Coframines à reprendre Salsigne avec pour conséquence la privatisation des actifs miniers du BRGM

Le potentiel minier en France  

  • Il existe des potentialités notamment pour W, Sb, (gisement de Fumade : N. Charles et A.Papon) mais aussi pour les métaux de base (Chessy : Cu-Zn, Rouez : Cu-Au, A. Papon)
  • Investigations en profondeur (-300m) dans l’emprise des mines anciennes
  • (JJ. Orgeval)

L’environnement : une contrainte majeure, un verrou, un frein mais un paramètre incontournable

  • Pour des questions environnementales, de nombreuses associations, collectivités locales et régionales s’opposent à la délivrance de permis de recherches (J. Testard, JJ. Orgeval)
  • Un palliatif : relancer les exploitations souterraines (JJ. Orgeval)
  • Prévoir des compensations fiscales pour les régions (M. Bonnemaison)
  • Législation minière et écologie : l’Etat doit arbitrer (E. Wilhelm, J. Caïa)
    • - Un Etat qui doit s’opposer aux particularismes (politiques, régionaux)
  • Exemple : l’arrêt de l’exploitation de charbon de Lucenay-l’Evêque sur décision politique (C. Beaumont)
    • - Un Etat qui doit garantir la pérennité des droits (J. Caïa)
    • Exemple : Guyane française avec un permis accordé puis retiré pour transformer la zone concernée en réserve (G. Sustrac)
  • Le rôle de plus en plus important des collectivités locales, régionales et du monde associatif nécessite un effort d’information et de communication important (J. Ricour, D. Normand).

Maintien du savoir-faire et enseignement (J. Caïa) :

  • Difficulté, à la création de Coframines, de disposer d’une main d’œuvre pour l’exploitation minière (J.Lespine)
  • Maintien d’équipes opérationnelles pour intervention à l’étranger (JP. Prouhet, R. Bouteloup, M. Benz)

Une perspective à plus long terme :

Rapprocher, l’industrie de recyclage des métaux vers les exploitations pour
neutraliser les défiances écologiques.
 
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3.La synthèse de l’exposé de JC Guillaneau réalisée par JP. Sylvain
« Contexte européen et national de la relance minière »

 

On peut considérer que cette relance a démarré, dès 2008, avec une prise de position de la Commission européenne définissant en trois points une action
commune à engager :

  • développer des économies de matières premières en ayant recours à des produits de substitution et au recyclage
  • assurer l’accès aux matières premières sur les marchés mondiaux sans distorsions des conditions avec la mise en place d’une politique d’accompagnement de la bonne gouvernance des ressources minérales à travers le monde principalement en Afrique et en Chine
  • favoriser l’approvisionnement durable en matières premières en provenance de gisements européens

Les industries extractives aujourd’hui, en métropole et dans les territoires d’outre-mer, concernent :

  • 5000 carrières exploitées à ciel ouvert et une cinquantaine souterraines représentant une production de 460Mt de granulats, de gypse, de kaolin, d’argiles et de pierre ornementales
  • l’exploitation du sel gemme par sondages et dans une mine souterraine
  • l’or en Guyane
  • le nickel en Nouvelle Calédonie
  • la bauxite dans deux mines de l’Hérault servant à produire du ciment

Le 19 octobre 2012, lors du Colloque de Comité des métaux stratégiques, Arnaud Montebourg, alors Ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique adresse un signal politique fort : « La France doit redevenir une nation minière ».

Face à ce défi, il existe des facteurs favorables :

  • prise de conscience, à l’échelle européenne, des enjeux d’approvisionnement en matières premières minérales
  • les difficultés économiques doivent inciter à la relance du secteur minier
  • la stabilité institutionnelle et les infrastructures existantes rassurent les investisseurs
  • la compétence de la main d’œuvre
  • le système de formation (écoles des mines, universités) et de la recherche (BRGM)
  • le savoir-faire acquis dans l’exploitation des carrières pour gérer la concertation autour des projets
  • un portefeuille de 6000 indices

Mais il existe aussi des facteurs défavorables :

  • mauvaise connaissance, de la part des politiques, des médias et du grand public, des réels enjeux des matières premières minérales en général, et des industries extractives, en particulier
  • mauvaise image de la mine ancrée dans les esprits (dangers, maladies, pollution…)
  • les débats sur les gaz de schistes ont montré la volonté de ne rien faire
  • globalement l’acceptabilité d’un projet minier est difficile
  • perte du savoir-faire, il faut renouveler des générations de professionnels
  • connaissance insuffisante de notre sous-sol au-delà des 300 m

Une démarche nationale est nécessaire avec 3 objectifs :

  • Prouver la pertinence économique de l’activité minière 
    • enjeux des matières premières
    • retombées économiques pendant et après la mine
  • Démontrer la compatibilité environnementale 
    • des techniques minières employées (projet de mine responsable)
    • par la conduite de travaux exemplaires
    • en développant les pratiques de la concertation
    • par des modalités de cessation
  • Attirer les investisseurs 
    • réforme du code minier et préparer l’administration
    • promotion du domaine minier
    • publication de toutes les données géologiques publiques

Le BRGM, un acteur au service d’une politique

  • le BRGM est engagé pour le développement de l’économie circulaire dans ses composantes recyclage et sécurisation des approvisionnements
  • sa position de service géologique national en fait un outil au service de la politique nationale

A ce titre, le BRGM doit mener un certain nombre d’actions :

  • Chercher
    • de nouveaux types de gisements ou d’associations métalliques
    • de nouvelles voies de valorisation des minerais
    • de nouvelles techniques de recyclage
  • Connaitre
    • les ressources de notre sous-sol
    • le contexte mondial
  • Dialoguer 
    • avec toutes les parties prenantes
  • Communiquer 
    • vers le monde scientifique et technique
    • vers le grand public
  • Enseigner 
  • Pour mener à bien sa mission, le BRGM a mis en œuvre un certain nombre d’outils et de concepts :
  • L’intelligence minérale : une équipe de veille autour des métaux, des filières et des évolutions de production et de consommation
  • L’inventaire minier avec la valorisation des données acquises de 1975 à1994
  • La mise au point d’ une charte de la mine responsable
    • définissant les enjeux pour le territoire
    • énonçant les principes de mise en œuvre
    • définissant un cadre strict d’actions à réaliser par tout opérateur minier
    • définissant les modalités de dialogue avec les parties prenantes et le territoire, la charte servant de base au dialogue
  • Mineralinfo : portail français sur les -* ressources minérales, géré par le BRGM, est l’outil de diffusion de l’information publique du réseau national des données sur les matières premières minérales. Il s’adresse à tous les acteurs institutionnels et économiques ainsi qu’au grand public

Perspectives  

L’annonce faite le 21 février 2014 par Arnaud Montebourg de créer la Compagnie des Mines de France (CMF) confortait la volonté politique de redonner vie à la filière minière. Depuis le départ d’Arnaud Montebourg et l’arrivée d’une nouvelle équipe au Ministère, le projet de la CMF n’a guère avancé.

On peut voir autre piste de relance à l’échelle européenne dans l’annonce faite par Juncker de créer une « European mineral joint venture »

Voir en pièce jointe les documents support de l’exposé.

 
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4. La synthèse de l’exposé de D. Normand, réalisée par E. Wilhelm
« L’expérience de LaSource Compagnie Minière »

 

LaSource Compagnie Minière, créée en septembre 1994, était détenue à 60% par Normandy Mining, société minière australienne, et à 40% par le BRGM.

A sa création, son portefeuille est constitué :

  • - des actifs des filiales minières du BRGM, héritées à la fois des Bureaux miniers ou correspondant aux diverses participations acquises par le Groupe et regroupées dans COFRAMINES (1978) et MINE OR SA (1994 ) : ( Ariab au Soudan, Ity en Côte d’Ivoire, Lero en Guinée, Yanacocha au Pérou )
  • - d’apports du groupe Normandy : Turquie (Au) et Grèce (Au)
  • - de « cash » via Normandy, premier producteur d’or en Australie (>1 Moz/an soit > 31 t Au/an
  • - de la joint-venture BRGM-GENCOR (Afrique du Sud), en Irian Jaya, (Cu, Au), au Ghana (Au) et en Côte d’Ivoire (Au)
  • - des projets d’exploration du BRGM en Mauritanie (Au), en Côte d’Ivoire (Angovia (Au)), en Espagne (Cu Au) et en Bolivie (Cu), pour ne citer que les projets majeurs.

Dès sa création, LaSource Compagnie Minière clarifie ses objectifs en réduisant ses interventions à quelques domaines géographiques et en donnant la priorité à l’or.

Ses atouts sont indéniables avec en particulier l’existence d’un portefeuille minier laissant espérer une production de 12 à 15 t Au/an vers 2000. Ses équipes techniques sont réduites et font largement appel à la sous-traitance, en particulier à celle du BRGM. Son budget d’exploration est conséquent ( 15 M$/an) dont plus de 60% est consacré aux sondages.

La structure de partenariat, impliquée dans les cessions/acquisitions d’actifs, est efficace et permet de rationaliser et d’optimiser le portefeuille du Groupe.

Ainsi, au terme des cinq premières années de fonctionnement (1994-1999), le bilan affiché par LaSource Compagnie Minière peut être considéré comme largement positif avec en particulier la découverte de quatre nouveaux gisements d’or.

Les deux plus importants, de taille mondiale, furent découverts dans le cadre de la joint-venture BRGM- Gencor ; il s’agit des gisements d’Akyem et d’Ahafo au Ghana ; ceux-ci ont été acquis par Newmont, en 2002, lors de de son « OPA » victorieuse » sur Normandy.

Leurs réserves prouvées et probables cumulées, recensées fin 2013, dépasseraient 15 Moz ( 465 t Au ). Leur production annuelle, démarrée, dès 2006, sur Ahafo et plus récemment sur Akyem ( 2013) varie entre 0.9 et 1 Moz/an. En revanche, l’investissement total, réalisé à ce jour par Newmont au Ghana pour le développement de cette importante production, s’élève à 2,2 milliards de dollars.

Le gisement d’or du Tasiast, en Mauritanie, découverte BRGM à 100% ; il a principalement été développé à la suite des remontés des cours de l’or, après 2005. Ses réserves prouvées et probables se sont élevées fin 2013 à 9,6 Moz, (pour une teneur moyenne relativement basse de 1,7g/t)

Le gisement d’or de Perama Hill, en Grèce. Les réserves mesurées et possibles sont de 1,4 Moz à 3,46 g/t. Sa mise en exploitation n’a toujours pas eu lieu par suite de contraintes et d’oppositions écologiques.

Les difficultés de LaSource Compagnie Minière commencèrent avec la perte de sa participation dans Yanacocha, au Pérou, suite à un imbroglio juridique qui ne sera pas repris ici.

A ceci, il faut rajouter les difficultés rencontrées pour exploiter les gisements découverts par Normandy en Turquie, une OPA infructueuse de la société australienne Newcrest qui fragilise Normandy et surtout la chute drastique des cours de l’or : 400 $/oz en 1996 et 250 $/oz fin 1999 !

Ne pouvant suivre les augmentations de capital imposées par Normandy, le BRGM est obligé de se diluer et perd ainsi une grande part de ses actifs miniers.

La Source doit réduire ses programmes d’exploration et vendre des actifs (Loulo, Léro, Tasiast…) alors que des prospects attrayants comme Perama Hill ne peuvent être mis en production.

La belle épopée s’achève avec l’OPA victorieuse de Newmont sur Normandy en 2002.

Voir en pièce jointe les documents support de l’exposé.

 
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5. La synthèse de l’exposé de N. Charles réalisée par JP. Sylvain
« Petits métaux dans les gisements français »

 
Depuis la fin du XXe siècle, les petits métaux, représentant une cinquantaine d’éléments y compris les Terres Rares, sont devenus indispensables à la fabrication des produits de haute technologie et à l’industrie de pointe.
Leur approvisionnement est la clé de la compétitivité de la fabrication de tous les produits essentiels au progrès.

Face à cet enjeu, deux risques majeurs dans la sécurité de l’approvisionnement

  • la source de ces métaux est contrôlée par quelques pays en situation de position dominante tels que la Chine (97% de la production de terres rares, 87% de Sb, 78% de W,..) ou le Brésil (92% de Nb)…
  • il n’existe pas de marché à termes pour ces métaux. Les pays producteurs sont donc les maîtres du jeu pouvant imposer leurs prix mais aussi des quotas à l’exportation.

Dans ce contexte, la France parait assez vulnérable même si elle dispose de quelques potentialités.

* 1.Tungstène

  • Plusieurs anciennes mines en France
    • - Salau (Pyrénées) : skarn à scheelite, a produit de 1970 à 1986 14000 t WO3
    • - Leucamp – Enguialès (Massif Central) : filons à wolframite
    • - Montredon – Labesssonié (Massif Central) : filons à wolframite
    • - Puy-les-Vignes (Massif Central) : pipe à wolframite
  • Potentialités
    • - Salau : réserves (1986) 2800 t WO3
    • - Fumade (Massif Central) : skarn
    • - Coat-an-Noz (Bretagne) : skarn, réserves (1986) 1,1Mt @ 1,3% WO3
    • - Montbelleux (Bretagne) : filons à wolframite

2. Antimoine
Au début du XXe siècle, la France était le premier producteur mondial d’antimoine grâce à deux mines

    • La Lucette qui a produit 42000 t Sb et 8,7 t Au de 1899 à 1934
    • La Rochetréjoux (Vendée) avec une production de 16500 t Sb de 1907 à 1925
  • Potentialités
    • Les Brouzils (Vendée) : gisement issue de l’inventaire avec des ressources de 11000 t et des réserves prouvées (1988) de 4800 t Sb.

-*3.Niobium-Tantale

  • Deux sites de production
    • Echassières (Allier) : 6 t/an Nb/Ta en sous-produit du kaolin
    • Placers de Guyane : ils auraient produit 90 t Nb/Ta de 1969 à 1990
  • Potentialités
    • Tréguennec : les ressources sont évaluées à 1300 t Nb, 1600 t Ta
    • Monts d’Ambazac (Limousin)
    • Guyane

4. Germanium
Le germanium est un métal semi-conducteur utilisé dans l’optique infra-rouge, les fibres optiques et comme semi-conducteur avec le silicium.
Jusqu’en 1993 la France a été le 3ème producteur (après les USA et la Chine) avec la mine de Saint-Salvy (Tarn) qui a produit 400 t Ge à partir de concentrés de Zn.
Le gisement Zn-Pb La Croix-de-Pallières (Gard) a produit, jusqu’en 1971, 28 t Ge à partir de sphalérite.
Par manque de données analytiques systématiques, il est difficile d’estimer les ressources du territoire national. On sait cependant que certains gîtes filoniens comme Plélauff (Côte d’Armor) ou Peybrune (Tarn) présentent des teneurs intéressantes.

5. Terres rares
Les terres rares n’ayant pas été analysées lors de l’inventaire minier réalisé de 1975 à1992, le niveau de connaissance du patrimoine français reste faible.

Le seul prospect à terres rares connu en France se situe en Bretagne et se présente sous la forme de placers à monazite grise (variété de monazite riche en europium mais pauvre en uranium et thorium).

Récemment le BRGM a entrepris une étude de ces placers à monazite de Bretagne afin d’en localiser les sources primaires qui paraissent liées aux schistes noirs de l’Ordovicien.

En matière de « petits métaux », la France dispose d’un réel potentiel en tungstène et en antimoine. Les progrès analytiques réalisés ces dernières années permettent une réévaluation du potentiel

Compte-tenu de l’enjeu économique que représentent les « petits métaux », il est urgent de réévaluer le potentiel français.

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P.S. :

Les documents projetés pendant les exposés sont disponibles ci-dessous.

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  • Documents support de l’exposé de D. Normand
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  • Documents support de l’exposé de JC. Guillaneau
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  • Documents support de l’exposé de N. Charles
  • 5.6 Mo / PDF
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